L'assocation Kokopelli

Le TGI de Marseille annule pour fraude le dépôt de la marque "Tomate Kokopelli" par la société Graines Baumaux à l'INPI

Par un jugement du 22 janvier dernier, le Tribunal de Grande Instance de MARSEILLE vient d’annuler, pour fraude, l’enregistrement de la marque « TOMATE KOKOPELLI » fait par la société GRAINES BAUMAUX à l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle) au préjudice des droits de l'association Kokopelli.

 

Pour mémoire, la société GRAINES BAUMAUX avait d’abord assigné l'association Kokopelli devant le Tribunal de Grande Instance de NANCY, en décembre 2005, sur le fondement de la concurrence déloyale, avant d'enregistrer la marque « TOMATE KOKOPELLI », en octobre 2007, à son bénéfice.

Le tribunal marseillais, qui relève un historique de relations particulièrement conflictuelles entre les deux parties, ne manque pas de constater, avec une certaine ironie, que la reprise dans la marque déposée du terme « KOKOPELLI », qui n’est pas d’usage fréquent en matière agricole, et alors qu’il constitue la dénomination principale de l’association, « ne peut être attribuée au hasard »… 

Le tribunal en déduit que « ce dépôt doit en conséquence être considéré comme dicté par une intention de nuire aux intérêts de l’association KOKOPELLI, dont la dénomination sociale a été ainsi détournée ».

 

C’est précisément ce qui était dénoncé et l’annulation pour fraude de ce dépôt de marque à l’INPI fait donc pleinement droit aux demandes présentée par l'association Kokopelli.


Après presque 10 ans de procédure, la Cour d’Appel de Nancy donne enfin raison à Kokopelli

Dans l’affaire opposant l'association Kokopelli, depuis près de 10 ans, à la société Graines Baumaux, le délibéré de la Cour d’Appel de Nancy a été prononcé le 9 septembre dernier et l’arrêt, dans son entier, vient de nous être communiqué.

A notre grande satisfaction, la Cour rejette l’essentiel des demandes de la société Graines Baumaux, et en particulier celle fondée sur une prétendue faute de concurrence déloyale liée à l’absence d’enregistrement des variétés distribuées par Kokopelli.

Le jugement de 1e instance, qui condamnait Kokopelli, est donc infirmé.

 

La Cour considère en effet que la société Graines Baumaux, qui reprochait à l’association de proposer à la vente une gamme plus élargie de variétés anciennes que la sienne, 

« ne se trouve aucunement empêchée de proposer à la vente les mêmes produits que l’association KOKOPELLI et donc d’offrir la même gamme élargie de semences à sa clientèle de jardiniers amateurs à la seule condition d’inscrire les variétés qu’elle entend commercialiser sur liste officielle de « variétés dont la récolte est principalement destinée à l’autoconsommation » sur laquelle l’inscription est libre et d’un coût modique par rapport à l’enjeu commercial, soit un montant de 125 euros par variété comme elle l’indique elle-même. Il lui est également loisible d’étoffer son catalogue en commercialisant davantage de variétés de graines sélectionnées parmi les 14 500 variétés que compte selon elle le catalogue officiel européen ».

C’est l’argument que nous lui avions suggéré. La société Graines Baumaux, qui prétendait que l’enregistrement au Catalogue était simple et peu coûteux, et que la biodiversité se trouvait déjà fort bien protégée et représentée par celui-ci, se trouve ainsi prise au piège de ses propres affirmations.

 

Toutefois, cela ne signifie pas que l’activité de Kokopelli se trouve officiellement avalisée par la Cour d’Appel. En effet, l’argument selon lequel la vente de semences à des jardiniers amateurs ne faisant pas une exploitation commerciale de celles-ci ne serait pas soumise aux exigences d’enregistrement au Catalogue, a été rejeté par la Cour.

Cet argument peu ambitieux – car ne faisant aucune place à l’agriculture professionnelle dans la lutte pour la sauvegarde de la biodiversité – avait été avancé, en dernier recours, après la décision défavorable prise par la Cour de Justice de l’Union Européenne en juillet 2012. Bien qu’il soit abondamment utilisé par de nombreuses associations de préservation des semences en Europe, il n’avait jamais été soumis à l’examen d’une juridiction.

C’est maintenant chose faite, mais la décision de la Cour d’Appel de Nancy, sur ce point, est très décevante. En effet, la Cour considère, à l’issue d’une leçon de grammaire particulièrement byzantine, que 

« la formulation de l’article 2 de la directive permet de retenir que sont soumises à ses prescriptions la vente ou l’offre de vente de semences ainsi que les autres formes de cession réalisées dans le cadre d’une exploitation commerciale, ce qui exclut les cessions de semences à des tiers dans un but autre, comme de réaliser des expérimentations et permet d’écarter du champ d’application du texte les échanges de graines entre particuliers amateurs de jardinage qui ne font pas commerce de leurs semences potagères. »

La Cour n’exclut donc expressément du champ d’application de la législation que les échanges de semences entre jardiniers amateurs. Tout transfert de semences, à titre onéreux ou gratuit, réalisé non pas « en vue d’une exploitation commerciale », comme le dit le texte, mais « dans le cadre d’une exploitation commerciale », comme le dit la Cour, tombe sous le coup de la loi et son obligation d’enregistrement des variétés.

Cette interprétation, pour le moins contestable, aura vraisemblablement des répercussions dans toute l’Europe et nous espérons qu’elle sera corrigée par le législateur européen lorsqu’il devra voter sur le projet de réforme de la législation actuelle.

 

En tout état de cause, dans le litige particulier opposant l'association Kokopelli à la société Graines Baumaux, la décision de la Cour d’Appel de Nancy signifie donc que s’il est vrai que Kokopelli commet des actes illicites par la vente de variétés non inscrites au Catalogue officiel, ces agissements ne sont pas générateurs de responsabilité vis-à-vis de la société Graines Baumaux et « n’ont pas pour effet de fausser le jeu de la concurrence ». Ces considérations mettent Kokopelli hors de danger vis-à-vis de Graines Baumaux et de l’industrie semencière, et c’est évidemment l’essentiel.

 

Quant aux accusations réciproques de dénigrement, la Cour renvoie les parties l'une contre l'autre et chacune est condamnée à payer 5 000 € de dommages-intérêts à l’autre.

 

Si, par ce volet de sa décision, la Cour semble vouloir ménager la chèvre et le choux, il ne faut toutefois pas oublier que c'est bien la société Graines Baumaux qui poursuit Kokopelli depuis presque 10 ans et qu'elle souhaitait voir ordonnée la cessation pure et simple des activités de l'association. Son initiative a donc échoué. A l’évidence, l’association Kokopelli sort gagnante de ce long combat.

Si enfin l’on se souvient que la Cour de Justice de l’Union Européenne, statuant contre l’avis de son Avocat Général, avait désavoué Kokopelli et considéré que la législation européenne sur le commerce des semences, permettant supposément une augmentation de la productivité agricole, n’était pas critiquable, il faut saluer une belle victoire de Kokopelli, qui maintient le cap de la biodiversité, contre vents et marées.

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Pour consulter l'arrêt complet de la Cour d'Appel de Nancy :
Arrêt CA 09.09.14.pdf
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Dossier plaidé devant la Cour d'Appel le 17 juin dernier

Le 17 juin 2014, l'audience de plaidoiries s'est finalement tenue, entre les représentants de l'association Kokopelli et de la société Graines Baumaux, devant la Cour d'Appel de Nancy. 

 

La décision de la Cour sera rendue le 9 septembre 2014. 


Le procès entre l'association Kokopelli et la société Graines Baumaux continue...

Le communiqué de l'association Kokopelli, qui fait un bref rappel de l’historique de la procédure et présente quelques éléments du débat judiciaire ainsi que les échéances à venir, est disponible ici

 

Il a été publié le 22 mai 2013.


La Cour de Justice de l'Union Européenne désavoue Kokopelli et son avocat général

La Biodiversité sacrifiée sur l'autel de la productivité

Le communiqué de l'association Kokopelli sur cette décision récente de la Cour de Justice est disponible ici.

La décision est disponible, dans toutes les langues de l'UE, sur le site de la Cour, ici

 


Procès devant la Cour de Justice de l'Union Européenne : Kokopelli en marche pour la victoire

Communiqué de l'association Kokoppelli - 19 janvier 2012    ES  DE

 

L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles nous donnent entièrement raison !

En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation européenne aussi bien que par la réglementation française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus !

De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’Union Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs, qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».

De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs européens ».

Il en conclut logiquement que « les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »

Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences. 

 

Pour plus d’information, voir sur le site de la Cour (conclusions de l'Avocat Général disponibles en plusieurs langues). 


Kokopelli fait appel à la Cour de Justice de l'Union Européenne

Dans le cadre du procès qui oppose l'association Kokopelli à la société Graines Baumaux, Kokopelli a demandé à la Cour d’Appel de Nancy de saisir la Cour de Justice de l’Union Européenne d’une question portant sur la validité de la législation européenne sur le commerce des semences potagères au regard de certains principes fondamentaux de l’Union Européenne et du Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA).

 

Alors que la société Graines Baumaux s’opposait fortement à cette demande, qu’elle qualifiait de « cheval de Troie », la Cour d’Appel, par une Ordonnance du 4 février 2011, a fait droit à la demande de l'association Kokopelli. (V. Ordonnance ci-dessous)

 

Les questions fondamentales, que Kokopelli soulève depuis le début de son existence, seront enfin posées à la juridiction suprême de l’Union Européenne. Les enjeux, en termes d’appropriation du vivant et de sauvegarde de la biodiversité, sont immenses et il faut espérer que la Justice saura les mesurer.

 

L'association Kokopelli appelle tous les opérateurs européens de la semence ancienne à se joindre à elle pour témoigner, dans le cadre de ce procès historique, de l’absurdité de la législation actuelle sur le commerce des semences.

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Nouvelles du front judiciaire et autres réjouissances

L’année 2010 n’aura pas été de tout repos, cette fois encore, sur le plan juridique. La lutte sur ce front là n’est pas terminée car les adversaires de la semence libre, malgré leurs revers médiatiques (1), ne se sont pas encore avoués vaincus; de sorte que l’association KOKOPELLI, qui doit encore faire front, redouble de courage et de persévérance.  Le soutien que ses milliers d’adhérents et sympathisants lui ont encore témoigné cette année n’y est pas étranger.


Quand le mensonge public vole au secours des intérêts privés

Le Groupement National Interprofessionnel des Semences (GNIS), par un communiqué en date du 9 avril 2010, a souhaité réagir au film de Coline SERREAU, « Solutions locales pour un désordre global », pour tenter d’apporter un démenti aux vérités dérangeantes et mal connues que ce film dévoile au grand public.

Surtout, il se dresse contre les solutions que le film propose pour faire face au naufrage de notre agriculture. Il s’en prend ainsi tout particulièrement à l’association Kokopelli, qui diffuse en France et dans le monde entier une collection de plus de 3000 variétés de semences potagères anciennes, librement reproductibles et issues de l’agriculture biologique.


Provocation sur fond de contrefaçon

Dans son catalogue de printemps 2010, la société GRAINES BAUMAUX propose à la vente, en page 490, un mélange de 15 variétés de tomates que son dirigeant a choisi d’appeler « TOMATE KOKOPELLI », cette appellation étant suivi d’un petit signe © indiquant qu’il est propriétaire de la marque.

 

Cette initiative, de la part d’un adversaire judiciaire notoire, a semé le doute et la confusion dans les esprits des adhérents, clients et sympathisants de l’association, qui ont demandé à ce qu’un éclaircissement soit donné sur la réalité de cette incompréhensible et absurde assimilation des tendances.


Retour sur un procès perdu

L’Etat français - ou plus précisément le Ministère de l’Agriculture – ainsi que ses acolytes, le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences et Plants – un organisme hybride public-privé) et la FNPSP (Fédération Nationale des Professionnels de Semences Potagères et Florales), ont poursuivi l’association KOKOPELLI devant la Justice et ils ont gagné leur procès. Cela n’est plus aujourd’hui un secret pour personne. Ce qu’il l’est en revanche davantage, ce sont les raisons pour lesquelles KOKOPELLI n’a pas eu gain de cause. Suite...

 

Voir ici l'arrêt de la Cour de Cassation, en date du 8 janvier 2008.